Les conséquences économiques du terrorisme

Le terrorisme peut se définir comme l’emploi systématique de la violence (attentats,
destructions, prises d’otages) pour atteindre des fins idéologiques, politiques ou religieuses.
Ces actes barbares se sont amplifiés au cours des dernières décennies, et notamment en occident depuis l’attaque du World Tarde Center, le 11 septembre 2001. Depuis, la liste ne fait que de grandir : attentats de Madrid (191 morts), métro de Londres (56 morts), Charlie
Hebdo et L’Hyper Cacher (17 morts).Malheureusement les pertes humaines sont lourdes ; et les conséquences financières le sont elles aussi.
D’un point de vue économique, le coût indirect lié à de telles attaques est mesurable en milliards d’euros. Uniquement pour la France, pour la guerre d’Afghanistan : 6,5 milliards d’euros ont été dépensés (munitions, logistique, rafales, portes-avions …) sans compter les
autres théatres d’opération (Mali, Irak, Tchad, France …).
 
Pour 2015, le coût mondial du terrorisme était établi à 52,9 milliards de dollars par l’Institute for Economics and Peace même si ce chiffre est contestable, puisqu’il n’évalue pas le besoin
supplémentaire d’effectifs, ou encore les nouvelles mesures de sécurité.
 
Plusieurs éléments sont à prendre en considération pour évaluer l’impact réel de tels actes :
 
Tout d’abord, d’un point de vue psychologique. En effet, cela impacte directement la confiance de la population. Par exemple, après les attentats de 2001 aux États-Unis, les prévisionnistes ont effectué la plus grosse révision corrective à la baisse de l’Histoire récente (chute du PIB de 1,2 % pour 2002). Conséquences directes : les consommateurs se déplacent moins dans les magasins, les flux d’Investissement Direct à l’Etranger diminuent, les touristes évitent le pays en question ce qui se répercute sur le secteur de l’hotellerie restauration, les agences de voyage ; donc la consommation de manière générale est touchée négativement. Les contrôles renforcés aux frontières perturbent eux aussi l’organisation habituelle des entreprises.
 
D’autre part, des secteurs ont réagi très fortement comme celui de l’assurance.
Peu de faillites font place suite à des attentats ; puisque le risque est reparti sur différentes sociétés voir différents pays ; mais les coûts sont parfois tout de même faramineux (58 milliards de dollars pour l’attentat de 2001). Les primes d’assurances peuvent alors grimper jusqu’à 30% de leur niveau habituel. Et plus grave, certains organismes ont refusé de couvrir les risques terroristes. Néanmoins, certains pays de l’OCDE ont quant à eux décidés de se doter d’une assurance contre ce type d’évènement.
 
Par ailleurs, nous pouvons tout de même noter que certains secteurs ont mieux réagit à ces
périodes de crise dans les pays concernés.
 
Le ministère de l’intérieur a dû créer de nombreux postes dans l’armée ou la police. Des milliers de postes sont aujourd’hui à pourvoir au sein de l’armée de Terre, en France
notamment. Pour le secteur de la défense, ces périodes sont le moment propice pour l’achat de nouveaux matériaux, destinés à l’équipement des personnels (véhicules, armes …).
Les technologies de l’information ont elles aussi un rôle crucial ; avec le développement de la cybersécurité contre le financement du terrorisme numérique, ou encore la lutte contre la
propagande relayée par ces groupes. Mais l’impact de ces dépenses sur la croissance restent tout de même difficiles à évaluer puisqu’il s’agit d’un stimulus de court terme ; qui peut même in fine dégrader la croissance potentielle.
En effet, les projets militaires sont mis en avant par rapport aux projets de recherche et développement ; ce qui sur le long terme se répercutera sur le capital humain des pays, et donc la croissance. Il faut également prendre en compte les montants exorbitants des
emprunts souscrits.
 
Concernant les marchés financiers, leurs réactions sont dans la plupart des cas déconnectées du monde réel. Hormis l’attaque de septembre 2001 aux USA, où certaines bourses avaient perdu près de 7% le lendemain ; les réactions sont aujourd’hui moins brusques puisque les investisseurs sont en quelque sorte « habitués ». Surtout si l’attentat se déroule loin de leur
domicile.
Les banques centrales ont quant à elle aussi un rôle à jouer suite à un attentat.
Afin d’éviter des mouvements de panique, et des cessations de paiement en masse ;
d’immenses quantités de liquidité sont déversées sur les marchés.
Les taux des différentes banques centrales sont aussi diminués, afin de réduire les coûts des
investissements, rassurer les agents économiques et in fine relancer l’économie.
Des plans de relance peuvent également être mis en place par les gouvernements, via des
subventions ou des garanties de prêts.
 
Pour conclure, nous ne sommes aujourd’hui pas à l’abris de nouvelles vagues de terrorisme comme l’indiquent fréquemment des gouvernements et leurs responsables militaires. Ceci touche directement les populations, leur confiance et conduit dans certains cas à modifier leurs habitudes.De ce constat, l’impact économique peut-être important mais il reste très difficilement mesurable au vu du nombre de variables qui doivent entrer en compte dans ce calcul.

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