Vous n’êtes pas les seuls pour qui le mois de janvier signifie nouveau départ et renouveau. Le marché boursier s’émule autour de nombreuses initiatives qui visent la lune, autant au sens propre qu’au sens figuré. 

Pour avoir des étoiles dans les yeux et voir grand en ce début d’année, faisons un récapitulatif des meilleures opportunités boursières dans le secteur de l’aérospatial en 2022. 

Une rapide rétrospective de l’apprivoisement du domaine spatial 

L’espace avait initialement été investi par deux domaines antagonistes, celui de la science-fiction et du champ militaire. 

L’aérospatial fini donc par se concrétiser lorsqu’au XIXe siècle le physicien britannique George Cayley s’inspire des caractéristiques de vol des oiseaux pour imaginer le premier avion moderne et la concrétisation de ces recherches abouties lors de la Seconde Guerre mondiale avec le lancement des fusées allemandes V1et V2 et l’avènement de l’avion à réaction. 

En 1957, la fusée soviétique Spoutnik inaugure le lancement satellisé en orbite autour de la terre. L’ultime assertion de la puissance de la technologie humaine advient avec l’alunissage de la fusée Apollo 11. 

Deux secteurs distincts se sont alors intéressés à l’espace, la recherche scientifique et l’investissement capitalistique. 

Dans un premier temps, les prouesses technologiques ont permis aux scientifiques d’étudier l’univers au plus près et l’ouverture d’une station spatiale internationale (ISS) a congloméré la communauté humaine autour d’un objectif commun de connaissance. La station coordonne de nombreuses expériences de recherches pour mieux comprendre l’environnement extra-atmosphérique. Fin décembre 2021 s’est conclu une expérience visant à mieux comprendre les effets de l’impesanteur sur le corps féminin. Ultimement cette expérience servant à augmenter les taux de féminisation dans les effectifs. 

Dans un second temps la maîtrise de l’espace extra-atmosphérique a développé un potentiel économique croissant. Le milliardaire Yusaku Maezawa est revenu sur terre le 20 décembre 2021 après 12 jours de ‘vacances’ dans la station ISS. 

Les indices boursiers S-Network Space Index et S&P Kensho Space Index ont été créés spécialement pour ces valeurs dites « spatiales ». L’espace représente désormais un secteur florissant et indépendant de l’investissement boursier. En effet, les revenus générés par les activités spatiales sont estimés à 1 000 milliards de dollars en 2040 selon la banque Morgan Stanley. Cette expansion s’explique par : un fort sentiment de menace vis-à-vis de l’hégémonie spatiale d’un État, la faible réglementation et l’absence de gouvernance spatiale internationale, et enfin une absence de substitution d’un autre moyen qui aurait pu concurrencer la maîtrise de l’espace.

À titre indicatif, près de 300 start-ups européen sont nées en 2021, générant 1 milliard d’euros et de belles promesses d’investissement. 

Les opportunités d’investissement prometteuses pour 2022

         Les fonds d’investissement : un moteur de la croissance du secteur de l’aérospatial

Une des raisons expliquant l’incroyable croissance de l’investissement spatial est l’apparition de fonds d’investissement aérospatial. 

Charles Beigbeder a surmonté la principale barrière de l’investissement en créant un fonds d’investissement dédié aux start-ups du New Space. Sa société de gestion Audacia a recréé le modèle probant de SpaceX, dont l’ascension vertigineuse avait originellement été initiée par un fort support de l’État américain, initiant le retour à une économie sous tutelle, dirigée par le gouvernement. La société est entrée en bourse en octobre 2021 sur le marché Euronext Growth Paris qui a réussi à soulever 7 millions d’euros. 

D’autres fonds d’investissements spécialisés dans l’aérospatial ont vu le jour en Europe avec notamment le fonds de capital-risque national d’investissement Cosmicapital. La levée de fonds jusqu’alors espérée à 70 millions d’euros n’a atteint qu’un modeste score de 38 millions d’euros, au demeurant majoritairement financé par des souscripteurs publics. Cette faible performance témoigne encore d’une réticence des investisseurs privés français face aux innovations du New Space qui bride les réponses aux appels à projets, ces sociétés préférant se tourner vers des opportunités plus prometteuses outre-Atlantique.

L’apparition de ces fonds d’investissement aérospatial ont ainsi permis de créer de belles opportunités comme la récente fusion des sociétés de sous-traitance de construction aéronautique Mecachrome et WeAre. Ces deux sociétés, avec des chiffres d’affaires de respectivement 380 millions et 143 millions d’euros ont entamé des négociations le 17 décembre dernier. Ces deux entreprises avaient durement ressenti la crise du corona virus. Ainsi, la création d’un groupe réunissant ces deux enseignes est supportée par les fonds de consolidation aéronautique Tikehau Ace Capital et bpifrance. Le rapprochement devrait rapporter 2022 un chiffre d’affaires combiné supérieur à 450 millions d’euros. 

Le secteur de la construction aérospatiale européenne  

Le groupe Airbus a relevé la performance nationale en obtenant de l’Etat français une commande pour 169 hélicoptères « Guépards ». Cette commande du ministère des armées de 10 milliards d’euros devrait être livrée en 2027. Mais au-delà, la fin 2021 a été une réussite pour le groupe qui a conclu avec la société australienne Quantas un contrat de 134 avions pour ses liaisons extérieures.  

Finalement, le groupe Arianespace s’est affirmé en 2021 comme le leader français de la construction aérospatiale. 

Ainsi, Arianespace, détenue en majorité par Airbus et Safran, commercialise trois types de lanceurs : l’Ariane 5, le Soyouz et le Vega. Bien que cette société historique soit aujourd’hui supplantée par l’innovation du missile réutilisable de la société concurrente SpaceX, Emmanuel Macron a annoncé lors de sa présentation de son programme France 2030 une allocation d’1,5 milliards d’euros au secteur de l’aérospatial et notamment au développement d’un mini lanceur réutilisable par Arianespace. Ce projet dit Maïa permettra de réduire drastiquement les coûts de lancement. 

Mais au-delà de son fort potentiel économique, Arianespace est surveillé de près par l’Etat pour son fort aspect sécuritaire et la surveillance spatiale ainsi que la détection des menaces sont devenues des enjeux prioritaires de sécurité. Le président exécutif d’Ariane group, André-Hubert Roussel est conscient des enjeux pouvant découler de l’appropriation des espaces extra-atmosphériques jusqu’alors internationaux. Le ministère des armées a donc signé fin décembre 2021 un contrat portant sur la surveillance de l’espace. Cette capacité de surveillance et de défense s’inscrit dans une tendance plus globale de recherche de contrôle et de souveraineté autant militaire qu’économique dans l’EEA (espace extra-atmosphérique). Comme le disait le Général Michel Friedling le 16 décembre 2021 dans un article du Figaro, « La surveillance spatiale et la neutralisation des menaces en orbite sont stratégiques pour les armées françaises et occidentales. L’enjeu est également économique. Militaires et civils sont devenus dépendants de l’espace. Être capable d’identifier et de suivre les objets, de détecter des manœuvres hostiles ou irresponsables et de les neutraliser est facteur de sécurité pour les opérations économiques et militaires. Car nous sommes entrés dans un triptyque de compétition, de contestation et d’affrontement, une perspective, hélas, très probable ». Tous les moyens de surveillance déployés par le groupe deviennent ainsi des aides majeures pour les opérateurs privés de constellations satellites. 

Les initiatives internationales innovantes au sein de l’EEA 

SpaceX est un groupe tentaculaire dont les ramifications sont porteuses de projets divers et tous plus innovant les uns des autres. 

Starlink fournit un accès Internet haut débit à faible latence à travers le monde entier par un réseau de satellites en orbites basse. Dans chaque région de service, les commandes sont traitées par ordre d’arrivée, selon le principe du « premier arrivé, premier servi ».  Elon Musk, le célèbre dirigeant de SpaceX a également mis un pied dans le lucratif secteur du tourisme spatial en propulsant le 15 septembre 2021 quatre passagers pour trois jours. 

Il devient notable que le tourisme spatial est une manne financière alléchante. 

Son précurseur, Richard Branson a fondé en 2004 Virgin Galactic, la très célèbre société de tourisme spatial. Elle propose, à ceux disposés à en payer le prix, des voyages de quelques jours en apesanteur au-dessus de la terre. Son dirigeant a réussi un voyage qui a servi de garantie à tous les envieux. Depuis novembre 2021, cent tickets ont été vendus pour le prix de 450 000 euros, soit près d’un demi-million. La société cotée en bourse dégage cependant des résultats mitigés. Si la croissance et le futur de la société semblent assurés, un investissement sur cette valeur semble mitigé. De plus, soyez conscient que le score ESG (Environnement – Social – bonne Gouvernance) est très mauvais. Ainsi, si cette entreprise est technologiquement pérenne, son taux d’émission de CO2, le dialogue interne et la transparence des rémunérations sont en retard par rapport à nos exigences modernes. 

Diane Alirand

Rédactrice en chef chez Learn To Trade

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