OPA : VEOLIA SUR SUEZ


Dans les jours récents, si la Fusac vous intéresse un tant soit peu, vous avez sans doute entendu parler de l’affaire qui agite les médias : L’OPA Véolia sur Suez du groupe Engie. En effet, Lundi 5 octobre, le conseil d’administration d’Engie vote la vente de sa participation dans Suez à Veolia. La multinationale française, référence mondiale de la gestion des ressources a décidé de s’élargir en rachetant une part significative du groupe Suez.

Pour commencer, qui sont les principaux acteurs concernés ?
 

Premièrement Véolia, la multinationale française, chef de file mondial des services de gestion du cycle de l’eau, gestion et valorisation des déchets et gestion de l’énergie. Elle est actuellement dirigée par le polytechnicien, Antoine Frérot.  Présente sur 5 continents, l’entreprise est cotée à la bourse de Paris et a pour chiffre d’affaire pas moins de 27,2 milliards. Deuxièmement et dans le viseur du premier Suez, est un groupe français de gestion de l’eau et des déchets, et est le premier fournisseur privé d’eau dans le monde, rien que ça. En 2019, l’entreprise affichait un chiffre d’affaires de 18,015 milliards d’euros et employait 89 352 salariés. Enfin le dernier, Engie, un groupe industriel énergétique français (le troisième mondial dans son secteur) hors pétrole en 2015 et lié à l’affaire pour sa vente de part estimé à 29,9% du groupe suez à Véolia.

 

Voilà les acteurs principaux présentés ! Cependant, avant de vraiment se pencher sur le cœur du sujet et de résumer la situation : l’opa de Véolia, penchons-nous dans un premier temps sur ce qu’est une opa.

Premièrement, opa vient du sigle Offre Publique d’Achat, pour résumer c’est un

type d’action de société dans laquelle une société fait une offre d’achat (l’acquéreur) à une autre société (société cible). La première offrant généralement à la société cible des liquidités, des actions ou une combinaison des deux.

Le but d’une OPA est de faire connaître au public son intention d’acquérir une partie ou l’intégralité des titres d’une société cotée, la cible, à un prix déterminé et à une date fixée à l’avance. L’acquéreur potentiel dans une OPA fait normalement une offre pour acheter la cible. Celle-ci étant soumise au conseil d’administration de la société cible, qui approuve l’opération ou non. Si le conseil d’administration approuve la proposition, selon le type d’offre (amicales, hostiles, inversées ou à rebours), les OPAs sont normalement aussi soumises aux actionnaires pour une nouvelle approbation. Une fois que les différents acteurs décisionnaires de la société cible ont validé l’opération. Celle-ci approuvé par le ministère de la justice afin de s’assurer qu’elle ne viole aucune loi antitrust.

Le déroulement d’une OPA est strictement réglementé par l’AMF, afin de faire respecter l’égalité de traitement entre les actionnaires et Euronext Paris suspend ensuite la cotation des titres concernés par l’OPA.

De ce processus de suspension découle 4 étapes :

  1. Dépôt d’un projet de note d’information présentant les caractéristiques de l’offre de manière exhaustive.
  2. L’initiateur publie un communiqué pour les investisseurs, résumant les informations fournies à l’AMF pour (prix d’achat des titres, nombre de titres que l’initiateur souhaite lever, etc…).
  3. La société cible remet un projet de note d’information à l’AMF.
  4. La société cible expose sa position en réponse à l’offre.

En général, suite à l’analyse post-fusion, ce sont souvent les actionnaires de la société cible qui en profitent le plus. Ceci est notamment dû aux primes payées par les acquéreurs et donc d’une plus-value conséquente. Les actionnaires de la société faisant l’objet de l’offre sont libres d’accepter ou de refuser la vente de leurs titres au prix proposé. Si l’initiateur de l’offre ne réussit pas à acquérir le nombre de titres nécessaire au contrôle de la société cible, l’OPA devient nulle. Concernant, les l’actionnaire de la société prédatrice, la manœuvre est bien leur est bien plus risquée car si les synergies avec la cible ont été surévaluées, le cours de l’action de la société initiatrice en subira les conséquences. Cependant, il ne faut jamais oublier que le risque paye. De ce fait, si la cible est sous-évaluée ou dégage une meilleure rentabilité, les actionnaires bénéficient d’un potentiel de plus-value réel.

Pour se faire il existe 4 types d’offres, ici, nous ne nous concentrons que sur les deux principales et celles qui sont essentielles à la bonne compréhension de la situation actuelle (je vous invite à faire des recherches de votre côté et d’en discuter avec nous soit via LinkedIn, mail ou lors de nos conférences). Celles qui nous intéressent :

L’amicale : ayant lieu lorsque l’acquéreur et la cible travaillent ensemble pour négocier les conditions de l’accord. Le conseil d’administration de la société cible approuve l’opération et recommande aux actionnaires de voter en faveur de l’offre (comme celle expliqué au début de l’article). Dans une majeure partie des cas, c’est celle-ci qui est recommandée.

L’hostile : est plus agressive et moins chronophage surtout concernant la

procédure administrative. En effet, l’acquéreur peut s’adresser directement aux actionnaires de la cible avec l’offre ou peut essayer de remplacer l’équipe de direction de la cible. A contrario de la première la cible peut empêcher la fusion. Notamment en ayant recours à certaines tactiques pour éviter d’être engloutie. L’acquéreur peut tenter d’exécuter l’offre hostile en lançant une offre publique d’achat, en recourant à un combat par procuration ou en achetant suffisamment d’actions sur le marché libre pour prendre le contrôle de la société cible.

L’aboutissement de telles opérations sont souvent des raisons différentes invoquant notamment une synergie, des avantages fiscaux ou de diversification pour justifier une telle démarche. Dans le cas présenté, Veolia voudrait engloutir Suez afin de grandir. En effet, l’objectif principale de la firme est d’être un acteur majeur du développement durable des villes et des industries. De ce fait, si Véolia réussi son acquisition de Suez, cela ferait du groupe le numéro un mondial des services à l’environnement, toutes activités confondues. Avec un chiffre d’affaire avoisinant les 45 milliards d’euros de chiffre d’affaires (2019).

Pour finir, voyons ce que dit presse à propos de cette opération. Lundi 5 octobre, le CA d’Engie vote la vente de 29,9% (sur 32) de ses parts de Suez à l’entreprise d’Antoine Frérot. Pour résumer la situation, en un mois, le PDG de Veolia a fait main basse sur les 29,9 % de Suez détenus par Engie et ce pour la modique somme de 3,4 milliards d’euros. Via cette opération, le groupe Véolia devient ainsi premier actionnaire de Suez.

« Une opération entre frères ennemis du traitement de l’eau et des déchets qui laisse augurer une âpre bataille pour les 70,1 % du capital restant » Challenges, Nicolas STIEL.

Au début de cette volonté d’acquisition le PDG de Veolia choisit la « formule rapide ». Avec un projet incroyable, « une opportunité unique qui va dans le sens de l’histoire » d’après le PDG de Véolia. En effet, il justifie son projet par sa volonté de concurrencer Pékin. En effet, la chine, ces dernières années, sur s’implanter dans les divers marchés avec son modèle écrasant que l’on connait bien. De plus, Antoine Frérot met en avant le fait la stratégie de Suez qui fait polémique, « Chaque jour qui passe, Suez vend une nouvelle activité. Sur les 90 000 salariés, 13 000 ont été vendus depuis un mois et demi. Combien en restera-t-il à Noël ? Il y a urgence à arrêter cette hémorragie ».

Bien déterminé à aller au bout des choses, Antoine Frérot et son groupe se sont engagés à déposer une OPA sur les 70,1 % restant, au même prix que celui proposé à Engie soit 18 € par action. Ce qui selon ses dires fera du groupe le « champion mondial de la transformation écologique »

et on le comprend car le groupe devrait plus d’une quarantaine de milliards de dollars de chiffre d’affaires.

 Malheureusement pour le PDG, ce projet ambitieux ne fait l’unanimité. Le premier mécontent, le directeur général de Suez, Bertrand Camus décrit l’offre comme clairement hostile, « C’est une opération aberrante pour Suez et funeste pour la France ». il s’oppose fermement à ce projet de sorte qu’il a refusé l’offre Veolia donnant une période de six mois (31 mars 2021) pour arriver aux termes de cette opération.

A cette opposition, s’ajoute le fait que le Vendredi 9 octobre le tribunal judiciaire de Paris a ordonné en référé la « suspension de l’opération » d’acquisition par Veolia des actions de Suez détenues par Engie, ainsi que de l’OPA à venir du premier sur le second. Le projet s’annonçant donc bien plus complexe que prévu.

« On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut. » Antoine Frérot

 

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