Les frais de succession appliqués par la banque sont plafonnés à 1 % du montant total des avoirs du défunt avec un maximum de 857 euros au 1er janvier 2026. Pour un compte-titres, ce plafond ne remplace pas les autres règles de la succession, mais il change un point très concret : la banque ne peut plus facturer librement le traitement du dossier au-delà de cette limite, banque par banque. Le reste tient en trois idées simples : le compte entre dans la succession sans être fermé d’office, les titres sont retenus pour leur valeur au décès afin de calculer les droits, et les plus-values encore non réalisées sont en principe remises à zéro pour la suite.
Le point en 30 secondes :
- Le compte-titres ordinaire rejoint l’actif successoral et reste bloqué le temps que les héritiers donnent des instructions régulières.
- Les titres servent au calcul des droits de succession sur la base de leur valeur retenue au décès, avec une méthode d’évaluation spécifique pour les valeurs cotées.
- Le plafonnement légal des frais bancaires s’applique par établissement, tandis que le PEA suit une logique distincte avec clôture automatique.
Plafond légal des frais de succession sur un compte-titres
Selon l’administration française, un plafonnement légal s’applique désormais aux frais prélevés par la banque lors d’une succession. C’est le point le moins visible dans les brochures commerciales et pourtant l’un des plus utiles pour un héritier qui doit arbitrer entre plusieurs établissements.
Comment la limite s’applique en pratique
La règle porte sur les avoirs détenus dans chaque banque. Autrement dit, l’établissement calcule ses frais sur ce qu’il conserve pour le défunt, puis il doit respecter la borne légale. Si la succession comprend plusieurs banques, chacune raisonne sur son propre périmètre.
Cette précision change la lecture du dossier. Un portefeuille logé dans une seule banque ne se traite pas comme des lignes dispersées entre plusieurs acteurs, parce que le plafonnement se lit établissement par établissement et non comme une enveloppe unique sur toute la succession.
Ce qui a changé depuis la décision de juin
Les Clés de la Banque indiquent que la gratuité légale automatique prévue pour certaines petites successions ou successions simples a été invalidée par la décision du Conseil constitutionnel de juin 2026. Certaines banques peuvent garder des gestes commerciaux ou des engagements volontaires, mais ils ne découlent plus d’une gratuité légale générale.
Le plafond maximal est revalorisé chaque année au premier janvier à partir de l’indice des prix à la consommation hors tabac publié par l’INSEE. Il faut donc regarder le montant applicable à la date concernée, et non reprendre un ancien tarif vu dans un guide plus ancien.

Que devient un compte-titres après le décès du titulaire ?
Un compte-titres ordinaire ne disparaît pas avec son titulaire. Il entre dans l’actif successoral et reste temporairement bloqué jusqu’aux instructions des héritiers, ce qui évite qu’un seul ayant droit agisse isolément sur le portefeuille avant le règlement du partage.
Blocage provisoire du CTO
Ce gel n’efface pas les titres et ne vaut pas fermeture automatique. Les lignes restent rattachées à la succession tant que la banque n’a pas reçu les éléments nécessaires pour exécuter les décisions prises dans le cadre successoral.
Pour un héritier, la conséquence pratique est simple : il faut raisonner d’abord en termes de dossier à régulariser, pas comme sur un compte personnel immédiatement disponible. La banque attend des instructions compatibles avec la succession avant transfert, vente ou répartition.
Différence avec le PEA
Le PEA suit une mécanique distincte. D’après les informations bancaires disponibles sur ce point, le plan est en règle générale clôturé au décès du souscripteur, puis les titres sont transférés vers un compte-titres de succession ouvert au nom des héritiers.
Cette différence compte quand le défunt détenait à la fois un CTO et un PEA. Dans un cas, l’enveloppe subsiste le temps du règlement. Dans l’autre, elle prend fin et les titres changent immédiatement de support successoral.
Fiscalité des plus-values latentes transmises aux héritiers
Pour un compte-titres transmis par succession, la hausse accumulée avant le décès n’est en principe pas imposée comme si elle avait été vendue par le défunt. La logique retenue est celle d’une réévaluation servant de nouvelle base fiscale pour les héritiers.
Purge fiscale des gains non réalisés
D’après les informations bancaires disponibles, le CTO transmis aux héritiers bénéficie en règle générale d’une exonération d’impôt et de prélèvements sociaux sur les plus-values latentes, grâce à une remise à niveau du prix d’acquisition fiscal à la valeur retenue lors de la succession.
Ce point change la suite, pas seulement l’instant du décès. Si les héritiers revendent plus tard, l’impôt éventuel portera en principe sur l’écart constaté après la transmission, et non sur toute la hausse accumulée pendant la vie du titulaire initial.
Intégration de certains frais dans la base fiscale future
D’après une source spécialisée qui s’appuie sur la doctrine fiscale, la quote-part des frais de notaire et des droits de succession rattachable au compte-titres peut être incorporée au prix d’acquisition fiscal. Cette majoration peut réduire la plus-value imposable lors d’une revente ultérieure.
La prudence utile tient au mot quote-part : il s’agit de la fraction réellement liée au portefeuille transmis. Quand la succession comprend d’autres biens, l’imputation doit rester cohérente avec la composition du patrimoine.

Valeur des titres retenue pour les droits de succession
Les titres inscrits sur un compte-titres sont retenus à leur valeur au décès pour calculer les droits de succession. C’est cette valeur qui sert de base de transmission, puis de repère fiscal pour la suite.
Évaluation des titres cotés
Pour les valeurs cotées, une source bancaire indique que l’administration fiscale laisse en règle générale le choix entre le cours moyen constaté à la date du décès et une moyenne des derniers cours de clôture précédents. Ce choix peut modifier l’assiette retenue quand le marché a fortement bougé juste avant la transmission.
Dans les faits, ce n’est pas un détail de pure forme. Une action très calme produit souvent peu d’écart entre les deux méthodes. Une ligne plus volatile peut aboutir à une base sensiblement différente selon la période observée.
Ce que cette valorisation change pour les héritiers
La valeur retenue sert d’abord aux droits de succession. Elle influence aussi la nouvelle base fiscale du portefeuille transmis, puisque la remise à niveau des plus-values latentes repose justement sur cette photographie au moment du décès.
Autrement dit, l’évaluation n’est pas qu’un exercice de notaire ou de banque. Elle détermine à la fois le coût successoral immédiat et la référence utilisée plus tard si les héritiers cèdent les titres.
Une seule banque, plusieurs banques ou PEA mêlé au CTO
La bonne conduite n’est pas la même selon la structure du dossier. Ce qui fait varier la réponse n’est pas le niveau d’expérience des héritiers, mais le nombre d’établissements concernés, le type d’enveloppe et le seuil à partir duquel le plafonnement légal cesse d’être théorique.
- Compte-titres dans une seule banque : demandez rapidement le détail des avoirs et des frais annoncés par cet établissement. La raison est simple : le plafond joue directement sur un seul périmètre, ce qui rend la facture plus lisible et le traitement plus facile à contrôler.
- Portefeuille réparti entre plusieurs banques : vérifiez les frais annoncés banque par banque avant toute décision sur les titres. La raison qui change tout est que le plafonnement ne fusionne pas les établissements ; la succession peut donc cumuler plusieurs facturations distinctes, chacune limitée séparément.
- Succession comprenant un PEA et un CTO : traitez d’abord la différence d’enveloppe avant de raisonner conservation ou vente. La raison est juridique et pratique : le PEA est en règle générale clôturé, alors que le CTO reste bloqué dans la succession jusqu’aux instructions des héritiers.
Le point de bascule tient à deux repères objectifs : quand la facturation théorique d’une banque atteint la borne légale, le plafond cesse d’être abstrait et devient un levier immédiat de contrôle ; quand les avoirs sont éclatés entre plusieurs banques, il faut raisonner par établissement, même si le patrimoine transmis forme un seul dossier civil.
La règle unique à retenir est la suivante : pour un compte-titres transmis par succession, surveillez d’abord le plafonnement légal banque par banque, puis la valeur retenue des titres, car c’est ce duo qui commande à la fois la note immédiate et la fiscalité de la revente future.
Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Vérifiez dans la documentation officielle du produit ses risques, ses coûts, son éligibilité et son exposition réelle aux devises ; cette information générale ne constitue pas un conseil personnalisé.
FAQ sur le compte-titres en succession
Le compte-titres est-il fermé automatiquement au décès ?
Non. Le CTO entre dans la succession et reste bloqué de façon temporaire jusqu’aux instructions des héritiers ou du cadre successoral applicable.
Le PEA suit-il la même règle que le compte-titres ordinaire ?
Non. En règle générale, le PEA est clôturé au décès du souscripteur, puis les titres sont transférés vers un compte-titres de succession.
Les plus-values latentes sont-elles imposées au moment de la transmission ?
En règle générale, non pour le CTO transmis par succession. La base fiscale est réévaluée, ce qui efface l’imposition des gains non réalisés accumulés avant la transmission.
Quelle valeur sert à calculer les droits de succession sur les titres ?
Les droits sont calculés à partir de la valeur retenue des titres au décès. Pour les valeurs cotées, une méthode alternative de moyenne récente des cours peut être utilisée selon les règles fiscales applicables.
Les frais prélevés par la banque sont-ils forcément gratuits pour une succession simple ?
Non. La gratuité légale automatique pour certaines successions a été invalidée en juin 2026, même si certaines banques peuvent encore appliquer des engagements volontaires.
Peut-on réduire la fiscalité future si l’on revend plus tard les titres reçus ?
Oui, en règle générale de deux façons déjà intégrées par les mécanismes de transmission : la nouvelle base fiscale issue de la succession et, selon la quote-part concernée, l’incorporation de certains frais de notaire et droits de succession dans le prix d’acquisition fiscal.